Brittany Howard n’a pas de voix, elle en a une cave. Rauque, fendue, elle racle le fond du gosier pour en sortir quelque chose de vivant. Le disque est enregistré sur bande, dans la poussière d’un studio de Nashville, presque en direct, avec peu de micros. Les guitares sentent le bois mouillé, la basse respire, la batterie claque comme une porte de véranda. Rien n’est poli, tout est présent.
À sa sortie, l’époque dort dans le numérique. Ce premier album lui rappelle qu’une chanson peut suer. “You Ain’t Alone” berce, “Rise to the Sun” s’arrache, “Heartbreaker” lacère. Des gens de petite ville y retrouvent leurs dimanches, leurs ruptures, leurs ventres noués.
Ce disque ne s’écoute pas. Il se prend en pleine poitrine.
Un orage de soul, gravé avant la pluie.

