Amadou & Mariam : Dimanche à Bamako (2004)
Une aveugle et un aveugle ont enregistré l'album africain le plus écouté du monde.
Bamako, 2004. Manu Chao produit, mais il ne prend pas le pouvoir, il recule. Il laisse la poussière rouge du Mali entrer dans les micros, il laisse les guitares d’Amadou vriller entre blues touareg et cumbia fantôme, il laisse la voix de Mariam flotter au-dessus comme si elle n’avait jamais appris qu’on pouvait chanter autrement.
Le résultat est un disque solaire et poreux, qui absorbe tout, l’Afrique de l’Ouest, la Caraïbe, le rock, la fête de quartier, sans jamais perdre son centre de gravité. Ce n’est pas de la world music packagée pour l’export. C’est Bamako un dimanche, avec ses frictions, sa chaleur humide, ses rythmes qui refusent de se laisser enfermer dans une case. En 2004, Dimanche à Bamako a fracturé les cloisons entre les scènes globales sans forcer la porte, simplement en jouant.
Ce disque ne vient pas vers vous. Il vous attrape par l’épaule et vous fait danser avant que vous ayez compris ce qui se passe.

