Beastie Boys -Licensed to III (1986)
Le premier album de rap à atteindre la première place des charts pop américains ne ressemblait à rien de ce qui existait.
Trois gamins blancs de New York, produits par Rick Rubin, qui fracturent la frontière entre le rock et le hip-hop à une époque où cette frontière semblait infranchissable. Licensed to III sonne comme un accident de chantier : batteries claquantes, guitares saturées volées à Led Zeppelin et à Black Sabbath, flows décousus qui titubent entre bravade et absurde.
Rubin compresse tout jusqu’à l’os, la basse pulse dans la cage thoracique, les samples cognent comme des portes métalliques. Ce disque n’est pas une synthèse propre de deux genres. C’est une collision. Il ouvre une brèche que Rage Against the Machine, Limp Bizkit, les Run-DMC d’après “Walk This Way”, tous , traverseront. En 1986, les radios ne savent pas quoi faire de lui. Le public, lui, le dévore.
Ce que Licensed to III prouve, c’est qu’une musique peut être idiote en surface et structurante en profondeur.

