En 2018, DJ Koze sort son troisième album et prouve que la house peut être tendre sans jamais être molle. Douze titres cousus à partir de samples improbables, de voix empruntées, de field recordings glanés on ne sait où, et pourtant rien ne dépasse, rien ne grince. C'est là tout le génie du bonhomme de Hambourg : transformer le collage en organisme vivant.
Les basses sont rondes, presque charnelles, les nappes synthétiques respirent comme du velours usé, et derrière chaque boucle se cache un détail qui mord, un souffle, un grain de voix, une texture qui gratte doucement le silence. L’album ne cherche jamais l’effet facile ; il avance en apesanteur, entre mélancolie et malice, entre dancefloor et chambre d’amis. Les collaborations affleurent sans jamais écraser le disque, tissées dans la matière plutôt que plaquées dessus. On y entre pour danser, on en ressort attendri.
Un disque qui berce autant qu’il fait vibrer les cloisons.

