Manchester, 2002. Trois types sortent d’un feu qui avait avalé leur studio et leur ancienne vie de DJs. Ils en tirent un disque qui n’a pas d’âge. The Last Broadcast se hisse en tête des ventes britanniques, puis se tient là, à contre-courant des guitares pressées de l’époque. Il est essentiel parce qu’il réconcilie ce que le rock séparait : la machine et la sueur, la mélancolie et l’élan.
Les guitares brumeuses ruissellent. La basse avance comme un moteur au ralenti. Sur “N.Y.”, un piano nu se plante au milieu du vide. “M62 Song” file sur l’asphalte, phares allumés, les yeux fixés sur la route. “Words” déplie sa voix comme une lettre jamais postée.
À l’époque, on l’écoutait la nuit, en voiture, quand une ville s’éteint derrière soi.
Certains disques font du bruit. Celui-ci rallume la lumière.

