En 1986, la country majoritaire ronronne sous des cordes et des refrains lisses, taillés pour la radio FM. Yoakam débarque de Los Angeles avec un Stetson, une Telecaster tranchante et vingt ans de retard assumé sur le son de Bakersfield, celui de Buck Owens, poussiéreux et électrique, jamais dompté par Music Row. Pete Anderson cisèle une production sèche, presque nue, où chaque guitare mord au lieu de caresser.
La voix de Yoakam vrille, nasillarde et rugueuse, portée par un twang qui refuse le compromis. Sous le vernis rétro, une colère punk affleure : ce disque ne cherche pas à plaire, il cherche à trancher avec une décennie de country aseptisée. Dans les bars et les autoradios, il redonne au genre son odeur de sueur et de bière tiède, sa vérité de zinc.
Le country n’avait pas besoin d’être sauvé. Juste réveillé.

