En 1984, Liverpool sort du béton. Echo and the Bunnymen larguent les guitares griffées et engagent un orchestre de trente-cinq musiciens. Pari fou, studio dans les Alpes, pluie de reproches. Ils le tiennent.
Ian McCulloch chante comme on prie au bord d’une falaise. Sa voix baryton, grave et nue, flotte sur des cordes qui scintillent et des guitares acoustiques qui cisèlent l’espace.
Sergeant dessine des arpèges de verre. Pete de Freitas frappe sec, sans jamais écraser. Tout respire. Tout est humide.
Ce disque s’écoute tard, quand la ville se tait. Il a offert à une génération de cœurs sombres une mélancolie qui n’avait rien de honteux : de la grandeur.
Les guitares n’ont jamais été aussi tendres, ni la nuit aussi vaste.

