Pablo Díaz-Reixa, alias El Guincho, enregistre seul à Barcelone, la tête pleine des Canaries. Alegranza porte le nom de l’île la plus au nord de l’archipel : un caillou désert, battu par le vent.
Il empile des percussions échantillonnées, des steel drums, des chœurs hachés, des basses rondes. Tout éclate en couleurs, mais rien ne bave. Chaque son est tranché net, cisclé, puis recollé en collage solaire. Calypso, tropicalisme, pop de chambre : les frontières fondent comme du bitume en août.
Ce disque a prouvé qu’on pouvait faire sonner la chaleur sans carte postale. Qu’un home studio pouvait avoir du sel sous la peau.
Un novembre gris, un casque dans le métro : Alegranza transforme n’importe quel quai en plage.
Un disque de sable, de sel et de peau chaude. Il ne se range pas, il se déplie.

