Sorti en 1989 sur Dischord, ce disque compile les deux premiers EP de Fugazi et fixe d'un coup les règles du jeu : billets à cinq dollars, aucun merchandising abusif, aucune major, aucune concession. Ian MacKaye sort des cendres de Minor Threat avec une rage assagie mais intacte, et trouve en Guy Picciotto un double, une guitare qui répond à l'autre comme une dispute contrôlée.
La rythmique de Joe Lally et Brendan Canty tire le hardcore vers le dub, ouvre des espaces là où tout le monde tapait droit devant. Les riffs se cassent, repartent, s’étranglent volontairement avant d’exploser. C’est un disque qui respire la tension avant de la relâcher, morceau après morceau. Dans les caves et les salles associatives de DC, ce son devenait une politique autant qu’une musique, une manière de tenir debout sans rien devoir à personne.
Une leçon d’intégrité qui cogne encore.

