Shirley Manson pose sa voix comme une lame sur une table de cuisine. Butch Vig, le type qui a sculpté “Nevermind” derrière sa console, empile des couches de guitares saturées, de boucles tordues, de claviers glacés. Il n’y a pas de grunge ici. Pas de flanelle. Juste du chrome et des nerfs à vif.
Le disque réconcilie ce que tout le monde disait inconciliable : la rage du rock, la froideur de l’électro, le sucre de la pop.
Il glisse du vénéneux au tendre sans prévenir. “I Think I’m Paranoid” craque comme un néon défaillant. “The Trick Is to Keep Breathing” suspend le temps.
Pour des milliers de gamins mal à l’aise dans leur peau, c’était une permission : on peut être cassé et brillant en même temps.
Un disque qui a le goût du métal chaud sur la langue.

