En 1987, un groupe australien de stade cisèle un disque qui refuse de choisir son camp. Kick naît d'un refus obstiné : celui de sonner comme les autres cartons FM de l'époque, tout en sachant les remplir. Michael Hutchence irradie chaque piste d'une sensualité animale, presque menaçante, portée par une voix qui ne chante jamais, qui frotte.
La production de Chris Thomas tranche net : guitares sèches, rythmiques funk tendues comme un nerf, cuivres qui claquent sans jamais s’excuser. Kick ne cherche pas l’épique, il cherche le corps. C’est un disque de nuit, de sueur, de clubs surchauffés où le rock devient transe. À sa sortie, il déplace des foules entières vers les pistes de danse sans jamais renier la guitare électrique. Six singles en sortent, preuve rare d’une cohérence sans faille du premier au dernier sillon.
Un disque qui danse en gardant les dents serrées.

