Jay-Z : The Blueprint (2001)
Septembre 2001. Le monde s'effondrait. Jay-Z construisait.
The Blueprint sort le 11 septembre 2001. L'Amérique est en état de choc. Personne n'écoute de disques ce jour-là, et pourtant ce disque devient l'album de l'année. Il y a quelque chose là-dedans qui dit tout sur ce qu'il contient : une œuvre capable d'exister malgré tout.
Ce que Jay-Z fait ici, c’est resserrer. Après des années de surproduction clinquante, il revient à la soul, Kanye West et Just Blaze pillent les bacs de vinyles, échantillonnent Marvin Gaye, Jackson 5, Al Green, et construisent des beats chauds, organiques, presque fragiles. La voix de Jay pose dessus avec une décontraction chirurgicale. Chaque syllabe à sa place. Aucun mot de trop.
Il règle ses comptes avec Nas et Mobb Deep sans hausser le ton. Il parle d’argent sans glamour vulgaire. Il cisèle des images de rue avec la précision d’un romancier.
Le rap avait des architectes. The Blueprint leur a donné un plan.
Ce disque n’a pas vieilli, il a pris du poids.

