Chez RCA, Al Schmitt resserre le son : nu, sec, presque hostile. La basse de Jack Casady rampe sous les guitares de Jorma Kaukonen, fuzz poisseux, tranchant. Grace Slick vrille l’air et ouvre le disque avec “Crown of Creation”, une science-fiction paranoïaque empruntée à John Wyndham : des enfants venus d’ailleurs jugent leurs parents.
Plus loin, “Lather” tangue entre valse et cauchemar, portrait d’un homme qui refuse de vieillir.
Pour ceux qui l’ont acheté à l’époque, c’était un miroir. Les fleurs fanaient. Les sirènes montaient. Et cinq musiciens cherchaient encore l’accord.
Une utopie qui chante juste parce qu’elle sait qu’elle va perdre.

