En 1978, Joe Ely enregistre à Lubbock un disque qui refuse les frontières : le country y frotte contre le rockabilly, le rock contre la ballade poussiéreuse des grandes plaines. Honky Tonk Masquerade naît d'un Texas où la radio mélange déjà tout, et Ely capte ce chaos avec une voix rêche, jamais lissée. Les guitares de Jesse Taylor mordent, l'accordéon de Ponty Bone respire comme un vieux camion sur l'autoroute.
Chaque titre semble tourné vers une route qui ne finit jamais. On y entend Butch Hancock glisser des lignes ciselées dans “Boxcars”, et l’ensemble vrille entre tendresse rugueuse et fureur contenue. C’est un disque qui a ouvert la voie à toute une génération d’outlaws country-rock, de Steve Earle à Uncle Tupelo, sans jamais recevoir la reconnaissance qu’il méritait.
Un disque culte reste culte parce que le monde met du temps à le rattraper.

