En mars 2016, Kendrick balance huit titres sans nom ni date de sortie, sortis tels quels du chantier de "To Pimp a Butterfly". Rien n'est fini. Les cuivres dérapent, les prises vocales se coupent en plein vers, la basse tourne en boucle comme si personne n'avait osé l'arrêter. C'est brut, poisseux, presque indécent à écouter, on surprend un homme au travail, pas un artiste qui pose pour la postérité.
Chaque numéro devient une énigme que les fans démontent syllabe par syllabe, cherchant du sens dans ce qui n’était qu’un brouillon jeté sur bande. Et pourtant ça tient debout mieux que la plupart des disques achevés de la décennie. La preuve ultime qu’au sommet, même les chutes de studio deviennent des monuments.
Le génie ne range pas ses brouillons. Il les publie.

