En 1994, quatre types de Palm Desert enregistrent dans un studio mobile planté en plein Mojave, groupe électrogène et fils électriques dans le sable. De cette contrainte naît Welcome to Sky Valley, pas un album de riffs, un territoire. Josh Homme accorde sa guitare si bas que chaque note traîne un poids, un grain, une poussière. Les morceaux s'enchaînent deux par deux, sans respiration, comme des dunes qui se prolongent à l'infini.
Ce groove épais, cette lenteur hypnotique, invente à elle seule le stoner rock, tout ce qui suivra, Queens of the Stone Age compris, en descend directement. Mais l'essentiel n'est pas généalogique : c'est ce que ce disque fait au corps. On ne l'écoute pas, on s'y enfonce, comme dans du sable chaud à midi. Les generator parties du désert californien, les foules hagardes sous les étoiles, tout est là, gravé dans le vinyle.
Certains albums se traversent. Celui-ci s'endure, et on en ressort changé.

