Labelle : Nightbirds (1974)
Trois femmes en combinaison spatiale ont fait entrer le funk dans l'espace, et personne n'a pu les en faire redescendre.
En 1974, Labelle sort Nightbirds et pulvérise tout ce que le genre autorisait à des femmes noires sur scène. Patti LaBelle, Nona Hendryx et Sarah Dash ne chantent pas la soul polie des Motown Revues, elles la fracturent. Casques argentés, cuir, plumes : le glam devient une arme politique. La production d'Allen Toussaint tisse funk, disco naissant et rock avec une texture cuivrée, nerveuse, presque électrique sous la peau.
Les cuivres claquent, les basses rampent, les voix montent en spirale jusqu’à l’extase collective. Ce disque ne se contente pas de groover : il libère. Dans les clubs new-yorkais comme dans les salons, il a donné à des femmes le droit d’être excessives, flamboyantes, ingouvernables. Nightbirds a ouvert une porte que le disco allait ensuite défoncer entièrement.
Trois oiseaux de nuit, et le ciel n’a plus jamais été le même.

