Lightning Bolt : Wonderful Rainbow (2003)
Un groupe sans guitare peut quand même arracher les murs.
Wonderful Rainbow ne ressemble à rien : une basse qui hurle comme une guitare fracturée, une batterie jouée debout, micro collé au masque, hurlant dans le chaos qu'il génère lui-même. Lightning Bolt n'a jamais eu besoin de troisième musicien, deux corps suffisent à produire une masse sonore qui écrase, vrille, sature jusqu'à l'os.
Sorti en 2003, l’album cristallise une décennie de noise rock né dans les caves de Providence, entre free jazz mutant et punk halluciné, joué au sol, au milieu du public, sans scène ni distance. Ce disque ne s’écoute pas, il se subit, debout, collé aux enceintes, le corps vibrant avant l’oreille. Aucun autre duo n’a rendu le chaos aussi organique, aussi physique, presque tribal. On ressort de Wonderful Rainbow électrisé, hagard, comme après un concert qu’on n’a pas vu venir.
Le rideau ne tombe jamais, il se déchire.

