Los Angeles, 1984. Le punk a laissé la ville exsangue, le rock FM tourne à vide. Cinq Chicanos de l’Est de L.A. sortent un disque qui refuse les cases. Pas de pose, pas de calcul. Un groupe qui sait tout jouer, et choisit de jouer vrai.
Voilà pourquoi il compte. Il prouve qu’on peut puiser dans la musique mexicaine sans la mettre sous verre. L’accordéon poussiéreux de Steve Berlin et de ses complices côtoie la guitare tranchante de David Hidalgo.
Le rock de garage rencontre la “norteña”. Les guitares crissent, le “requinto” vrille, la voix reste nue, sans fard.
Produit par T Bone Burnett, le son sent le bois, la sueur, la poussière d’un bal de village. Rien n’est lisse. Tout respire.
À l’époque, ce disque parlait à ceux qu’on n’écoutait pas : les ouvriers, les familles, les gens qui chantent en deux langues parce qu’ils vivent entre deux mondes. Il leur rendait leur fierté, sans un mot de trop.
Un disque qui ne demande pas la permission d’exister.

