En 2009, Mastodon abandonne la boue du sludge pour une architecture prog vertigineuse, et personne ne les attendait là. Le batteur Brann Dailor porte le deuil de sa sœur, morte adolescente, et bâtit autour d'elle un mythe cosmique : un garçon paraplégique projette son esprit hors de son corps, traverse des trous de ver, s'échoue dans la Russie de Raspoutine. Le disque cisèle des riffs tordus, empile les tempos, ouvre des espaces où la guitare respire comme jamais chez le groupe.
Les claviers surgissent, les voix se fendent en harmonies inattendues, et pourtant rien ne perd sa lourdeur originelle. C’est un tombeau sonore, une lettre adressée à quelqu’un qui n’écoutera jamais. Le morceau-titre s’étire sur onze minutes sans jamais s’égarer, preuve qu’un groupe de metal peut écrire une symphonie sans trahir sa rage.
Crack the Skye ne referme jamais la porte qu’il ouvre.

