Meat Loaf : Bat Out of Hell (1977)
Personne n'y croyait. Surtout pas les maisons de disques qui l'ont refusé en série.
Bat Out of Hell naît d'un malentendu fertile : un chanteur monumental, une voix de cathédrale, et un compositeur, Jim Steinman, qui rêvait de Broadway et de Wagner appliqués au rock. Le résultat fracture toutes les cases. Sept titres, presque tous démesurés, où chaque chanson raconte une scène entière, fuite à moto, serments d'amour, mort, rédemption.
La production de Todd Rundgren empile les guitares comme des murs, le piano roule en cascades, les chœurs montent jusqu’au vertige. Rien n’est sobre. Tout est gonflé, théâtral, sincère jusqu’à l’excès.
Et pourtant ça marche, parce que sous le grandiloquent bat un cœur d’ado terrifié par le désir et la mortalité. Des générations entières s’y sont reconnues, hurlant ces refrains dans des chambres trop petites pour contenir tant d’émotion.
C’est l’album qu’on a honte d’aimer, et qu’on aime quand même, à pleins poumons.

