Kill 'Em All ne cherche pas l'élégance, il cherche la vitesse absolue. Metallica, encore inconnu, encore affamé, enregistre dans un studio miteux du New Jersey avec un budget de misère et une rage intacte. James Hetfield hurle plus qu'il ne chante, Lars Ulrich matraque la double pédale comme s'il voulait défoncer le plancher, et Cliff Burton impose une basse grasse, presque punk, qui donne au disque son épaisseur crasseuse.
Le son est brut, mal dégrossi, saturé, et c’est exactement ce qui compte. Ce disque ne ressemble à rien de contemporain : ni le hard rock glam qui domine les radios, ni le heavy metal classique de la décennie précédente. Il invente une grammaire nouvelle, plus rapide, plus âpre, sans concession. Les kids qui l’écoutent dans leur chambre comprennent immédiatement qu’un genre vient de naître sous leurs yeux.
Un thrash encore sale, encore vivant, avant que le monde n’apprenne à s’en méfier.

