Miranda Lambert : Crazy Ex-Girlfriend (2007)
Le country américain a une mémoire longue. Trop longue, parfois.
En 2005, Miranda Lambert débarque avec un premier album qui ne cherche pas à plaire, il cherche à brûler. Crazy Ex-Girlfriend arrive dans un Nashville verrouillé par des hommes, des formats radio huilés, une country lisse et rentable. Lambert n’ajuste pas son angle. Elle le durcit.
Le disque sonne comme du gravier sous des bottes de cowboy. Guitares sèches, réverb économe, une voix qui ne monte pas dans les aigus pour attendrir, elle reste en bas, là où ça gronde. Les cordes pincées mordent. Les arrangements gardent de l’air, de la place pour les silences qui comptent.
Ce que Lambert raconte, c’est la rage ordinaire des femmes trop longtemps douces. La trahison, la vengeance assumée, le fusil dans le placard, littéral ou métaphorique, selon la chanson. Les auditeurs de Nashville n’avaient jamais entendu une femme tenir ce ton sans s’excuser.
Elle n’inaugurait pas une carrière. Elle posait les fondations d’un sous-genre entier.

