Après "Go" et l'anonymat des dancefloors, ce disque brise le silence imposé à l'électro : il y insère du gospel, du hardcore, de la corde tendue, du chaos organisé. Sorti dans une époque où la musique de club restait cantonnée aux clubs, Everything Is Wrong traverse les frontières et impose une idée neuve, la machine peut pleurer, la boîte à rythmes peut prier. Le son est âpre, saturé, parfois cru jusqu'à l'inconfort ; les breaks fracturent la structure juste au moment où l'oreille croit tenir un refrain.
Moby cisèle chaque texture comme un sermon électronique, mélange rage punk et ferveur mystique sans jamais lisser les angles. Dans les chambres d’ado comme dans les after déglingués, ce disque a fait comprendre que la techno pouvait avoir une âme, et une colère. Un album qui refuse de choisir son camp, et c’est précisément pour ça qu’il en gagne mille.
Ce disque ne cherchait pas à plaire. Il cherchait à électrifier une génération qui ne savait pas encore qu’elle en avait besoin.

