Parliament : Mothership Connection (1975)
En 1975, le funk a débarqué d'un vaisseau spatial, et plus rien n'a été pareil.
Mothership Connection n'est pas un disque, c'est un débarquement. George Clinton prend le funk de James Brown, le fracture, l'étire, y injecte de la science-fiction et de la fierté noire brute, et livre un mythe entier en douze titres.
En pleine Amérique post-droits civiques, il fallait un ailleurs, Clinton construit une galaxie entière. Les basses de Bootsy Collins roulent, lourdes, poisseuses, presque tribales, pendant que les cuivres cisèlent des motifs qui claquent comme des ordres.
Le son est épais, communautaire, un groove qui ne cherche jamais l’économie mais l’excès organisé. Sur scène, le Mothership atterrissait vraiment, vaisseau démesuré descendu des cintres, le disque garde cette théâtralité cosmique intacte, ce rituel où la libération collective devient spectacle sacré. On dansait, mais on croyait aussi, un peu, à cet ailleurs promis.
Le funk a rarement eu les pieds aussi loin de terre.

