Refused : The Shape of Punk to Come (1998)
Un disque qui accuse la musique elle-même de trahison, et propose sa refonte totale.
En 1998, le hardcore tournait en rond, prisonnier de ses propres codes. Refused arrive de Suède avec un texte-manifeste imprimé dans la pochette et un son qui fracture tout : jazz, électro, noise, rage punk fusionnés sans complexe. Dennis Lyxzén hurle des théories situationnistes comme des sommations. Les guitares vrillent, changent de direction sans prévenir, cisèlent des riffs qui semblent se déchirer eux-mêmes en plein élan.
Rien n’est stable. Rien n’est confortable. Le groupe splitte avant même la sortie de l’album, ils ne sauront jamais l’onde de choc qu’ils viennent de créer. Deux décennies plus tard, The Shape of Punk to Come est cité comme matrice absolue du post-hardcore, du metalcore, de tout un pan du rock progressif rageur. Un disque qui ne demandait pas d’être aimé. Il exigeait d’être compris — ou détruit.
Certains albums finissent une époque. Celui-ci en a ouvert une autre, presque malgré lui.

