En 1992, R.E.M. est l’un des plus grands groupes du monde. Il choisit de ne pas faire de bruit. Les guitares se retirent, les cordes de John Paul Jones avancent, sombres, presque funéraires. C’est un album sur le temps qui s’effondre, écrit par des gens qui ont tout gagné et regardent leurs amis disparaître. “Drive” ouvre le bal d’un murmure sourd. “Nightswimming” tient sur un piano nu et une nuit d’été qu’on sait perdue.
“Find the River” traverse tout, lente, cherchant l’eau. Michael Stipe ne hurle jamais. Il chuchote, et chaque mot pèse. Écouté seul, tard, ce disque fait taire la pièce. On y a pleuré sans bien savoir pourquoi, puis on y est revenu pour la même raison. Il n’apporte aucune consolation facile, seulement une main posée sur l’épaule.
Une lumière d’automne qui ne s’éteint jamais tout à fait.

