Comicopera, en 2007, est le disque d’un homme qui a tout traversé : la batterie de Soft Machine, la chute d’une fenêtre en 1973, le fauteuil roulant, la politique gardée en travers de la gorge. Wyatt le découpe en trois actes, en anglais, en espagnol, en italien. Il ne raconte pas une histoire, il change de patrie à chaque porte.
Le son est nu, poussiéreux, tendu de trompette, de violon, de piano qui hésite. Sa voix, haute, fêlée, presque un souffle, ne force jamais. Elle s’approche.
Brian Eno, Paul Weller, Phil Manzanera passent comme des invités discrets, jamais en vedettes.
Ce disque est essentiel parce qu’il prouve qu’on peut tenir tête au monde sans hausser le ton. À l’écoute, quelque chose se desserre dans la poitrine.
Les révolutions finissent. La tendresse reste debout.

