Sur la pochette, Jerry Hall émerge des vagues, sirène froide et dorée, l'image dit tout de l'album qui suit. Siren referme l'ère expérimentale du groupe et ouvre celle du chic absolu, ce disque où l'avant-garde se love dans le satin. Bryan Ferry chante comme on murmure un secret dans une pièce trop chic pour être honnête.
Le saxophone d’Andy Mackay tranche, la guitare de Phil Manzanera vrille sans jamais crier, les synthés posent une brume électrique sur des rythmiques funk épurées. Rien ne dépasse. Tout glisse. C’est un disque de séduction calculée, où chaque texture semble polie jusqu’à l’os. Il a appris à toute une génération de groupes que l’élégance pouvait mordre. Sans Siren, pas de sophisti-pop, pas d’”Avalon”, pas de cette froideur luxueuse qui a irrigué les années 80 entières.
La sirène n’attire pas vers les rochers. Elle attire vers le miroir.

