Sting : ...Nothing Like the Sun (1987)
Sting quitte le rock pour de bon, et personne ne le rattrape.
Trois ans après la mort de sa mère, Sting referme la porte de Police pour de bon et ouvre un studio à seize musiciens de jazz. Le résultat n'est ni pop ni rock : c'est un disque suspendu, traversé de cuivres feutrés et de guitares qui respirent comme des poumons fatigués. Branford Marsalis y souffle des lignes qui griffent doucement, Kenny Kirkland pose des claviers presque liquides.
La production est nue, jamais chargée, chaque silence compte autant qu’une note. Sous la sophistication jazz, une colère politique affleure, contre l’apartheid, contre le deuil, contre l’exil intérieur. Les gens qui l’ont découvert en 1987 n’y cherchaient pas un tube : ils y trouvaient un adulte qui parlait enfin d’une voix fissurée, sans filet. C’est un disque qui ne cherche pas à plaire, il cherche à dire vrai, et ça suffit à le rendre irremplaçable.
Un homme seul face à ses fantômes, et un studio entier pour les affronter.

