Suprême NTM ne fait pas un album de rap, il tient une audience. En pleine explosion du hip-hop hexagonal, Kool Shen et Joey Starr posent leur voix sur des productions lourdes, cuivrées, presque orchestrales, et transforment la colère de la banlieue en discours frontal, adressé, sans filtre. Le sample soul se frotte au scratch sec, la basse cogne comme un point sur la table.
On y entend la rage d’une génération sommée de se taire pendant que la ville brûlait déjà en silence. L’album ne raconte pas la cité vue de loin, il la fait parler à la première personne, avec une diction chirurgicale et une urgence qui ne triche jamais. C’est un disque qui accuse, qui nomme, qui refuse l’excuse du folklore.
Depuis, Paris ne regarde plus sa banlieue du même œil, elle sait qu’elle l’entend.

