En 1987, Swans sort de sa période la plus punitive pour entrer dans quelque chose de pire : le sacré retourné contre lui-même. Michael Gira troque la brutalité frontale contre une lenteur écrasante, presque liturgique, et l'arrivée de Jarboe au chant change tout. Sa voix, tantôt murmure tantôt hurlement, transforme chaque morceau en cérémonie.
Les guitares traînent comme des chaînes sur du béton, les percussions frappent avec la régularité d’un métronome sadique. On pense à une messe célébrée dans une cave, éclairée à la bougie, où la foi et la terreur se confondent. Children of God ne cherche pas à plaire, il cherche à posséder l’auditeur, lentement, méthodiquement. Ceux qui l’ont écouté seul, la nuit, savent qu’on n’en ressort pas tout à fait indemne.
Certains albums se traversent. Celui-ci vous traverse.

