En 1965, un groupe de Los Angeles branche une guitare électrique sur un poème de Dylan et invente un genre entier en une prise.
The Byrds n’avaient pas de manifeste, ils avaient une Rickenbacker douze cordes et l’aplomb de croire qu’un texte de Dylan pouvait sonner comme une prière pop. Leur premier album impose une évidence : le folk peut se brancher, se saturer de réverbération, devenir dansant sans perdre sa gravité.
“Chimes of Freedom” cisèle la langue de Dylan en cathédrale sonore, “All I Really Want to Do” respire léger, presque insouciant, quand tout autour gronde déjà. Le son est cristallin, presque liquide, cette guitare qui carillonne comme si chaque note portait un écho. À l’époque, des gamins entendent ça et comprennent que la révolte peut être mélodique, que la contestation n’a pas besoin de crier pour traverser un mur. Sans ce disque, pas de Tom Petty, pas de R.E.M., pas de tout un pan du rock américain qui préfère la clarté au vacarme.
Le folk venait de découvrir l’électricité, et plus rien n’a jamais tourné pareil.

