Groupe gadget, coiffures en pagaille, punk-garage jetable, le verdict semblait scellé après un premier album vite oublié. Puis Primary Colours arrive, produit par Geoff Barrow et Craig Silvey, et renverse tout. Les guitares s'étirent, les synthés rampent, la voix de Faris Badwan se noie dans des nappes de réverbération empruntées au shoegaze et à la cold wave. Le son est dense, humide, presque souterrain, un disque qui semble enregistré dans une cave sans lumière.
“Mirror’s Image” pulse comme une machine fatiguée, “Do You Remember” grince et s’étire jusqu’à l’épuisement. Le groupe raillé trouve sa texture, son obscurité, sa lenteur organique, une mue totale, pas un ravalement de façade. Les critiques anglaises, unanimement hostiles un an plus tôt, capitulent en bloc. Un groupe qu’on enterrait devient une référence qu’on cite.
La renaissance existe. Elle a duré quarante minutes, un jour de 2009.

