Minneapolis, 1995. Le grunge sature les ondes, et quatre types sortent un disque qui ose la douceur. Mark Olson et Gary Louris posent leurs voix côte à côte, si proches qu’on ne distingue plus où l’un finit. Ça rappelle les Everly Brothers, mais sans la nostalgie. Quelque chose de plus nu.
Ce disque a changé la musique : il a donné son souffle au country-rock alternatif et ouvert la route à toute une génération.
Les guitares tintent, poussiéreuses, brûlées de soleil. La mandoline file entre les accords. La pedal steel pleure sans jamais s’excuser. Les chansons sentent la poussière de route et le café tiède, le pick-up garé devant la maison d’enfance.
On l’écoute seul, tard, quand le reste s’est tu. Il parle de ce qu’on a quitté, de ce qu’on n’a pas dit.
Le genre s’est mille fois réclamé de lui. Aucun n’a retrouvé cette sécheresse tendre.
Un champ au crépuscule, et deux voix qui s’y répondent encore.

