En 1991, sur Touch and Go, le quatuor de Chicago découpe à vif ce que le noise rock peut faire subir à un corps. David Yow hurle comme un homme traqué, sa voix crache plus qu'elle ne chante. Duane Denison tord la guitare en angles cassants, jamais un riff ne se répète identique, tout vrille, tout fracture.
La section rythmique, David Sims et Mac McNeilly, avance en bloc, lourde, hypnotique, presque menaçante. Ce disque a marqué toute une scène, de Chicago à Seattle, comme référence absolue du chaos maîtrisé. À l’époque, Goat terrifiait autant qu’il fascinait : les concerts tournaient à l’exorcisme collectif, la foule s’écroulait devant Yow torse nu, corps offert à la scène. Rien n’est propre ici. Rien n’est sage.
Goat ne s’écoute pas. Il s’encaisse.

