En 2003, Ben Gibbard et Jimmy Tamborello s'échangent des fichiers par courrier, jamais dans la même pièce, jamais en studio ensemble. Le résultat, Give Up, déborde largement le cadre du projet parallèle et s'impose comme le disque qui réconcilie guitares et machines pour toute une génération élevée au rock indépendant.
Les synthés cliquettent, secs, presque timides, puis s’ouvrent en nappes chaudes sous la voix fragile de Gibbard et les chœurs suspendus de Jenny Lewis. Rien n’y est brutal : tout y est feutré, précis, cousu à la main malgré l’origine numérique.
Sub Pop, label du grunge, se retrouve à écouler avec lui son deuxième plus gros succès commercial, porté par une pop électronique pudique. Dans les chambres d’étudiants du monde entier, Give Up devient la bande-son discrète d’une décennie qui apprend à aimer les machines sans perdre son cœur.
Un disque conçu à distance, écouté de très près.

