Londres, 1979. Quatre femmes entrent en studio sans avoir appris les règles du rock, et en sortent avec un disque qui va les réécrire. Ana da Silva, Gina Birch, Vicky Aspinall et Palmolive jouent comme si personne ne leur avait jamais dit qu'il fallait savoir jouer. Le violon grince contre la basse, la batterie trébuche à contretemps, les voix se croisent sans jamais vraiment s'accorder entre elles.
Rough Trade sort l’objet à l’état brut, presque cassé, sans un gramme de polish. Cette fragilité assumée devient une arme : chaque fausse note semble décider elle-même de sa place, chaque maladresse ouvre une brèche que personne n’avait songée à ouvrir. Le disque traverse les décennies porté par une urgence amateur que nul n’a jamais su reproduire à l’identique, et qu’une génération entière de groupes tentera d’imiter sans jamais en retrouver la nudité exacte.
On ne joue pas juste pour être entendu. On joue faux pour être vrai.

