Perth, 1986. Le bout du monde habité, trois mille kilomètres de rien vers l’est. Les Triffids y enregistrent à Londres un disque qui sent pourtant la terre sèche et le bitume qui fond. David McComb écrit comme un romancier du Sud américain égaré sous le Sud australien. Les guitares s’étirent, le violon de Jill Birt glisse sous la peau, la pedal steel plane comme un rapace.
“Lonely Stretch” avance au pas lent d’une camionnette sans destination. “Tender Is the Night” fait de la nuit une pièce où l’on retient son souffle.
Personne n’a vraiment suivi à l’époque. Le disque a attendu, il s’est transmis de main en main, de platine en platine, jusqu’à devenir un secret que l’on offre.
Il ne cherche pas à plaire. Il reste, comme une cicatrice au soleil.

