Leeds, 1987. Personne n'attendait grand-chose d'un groupe qui empruntait son titre à un footballeur déchu. Et pourtant George Best fracture d'emblée toutes les lenteurs de l'époque : guitares grattées à une vitesse qui frôle la rupture, batterie qui cogne sans respirer, voix de David Gedge posée là comme un aveu qu'on n'ose pas formuler à voix haute.
Ce disque invente une équation improbable, la rage punk mariée à la mélodie pop la plus nue, et la tient sur onze titres sans jamais relâcher la tension. Rien n’est produit, tout est frotté, gratté, presque écorché. Les amours qui tournent mal deviennent ici un genre musical à part entière : lucide, jamais larmoyant, terriblement direct. Des groupes entiers naîtront de cette formule des décennies plus tard sans jamais retrouver cette urgence brute. George Best ne s’écoute pas, il se subit, avec plaisir.
Un cœur brisé n’a jamais sonné aussi rapide.

