Il n'invente rien, il incarne tout. Dans l'Amérique post-Vietnam, lasse du glam et du disco, Petty ramène la guitare sèche, le refrain qui claque, la Rickenbacker qui sonne comme une porte qu'on referme fort. Avec les Heartbreakers, Gainesville débarque à Los Angeles sans complexe : Mike Campbell cisèle des riffs nus, Benmont Tench pose l'orgue comme une ombre, et la voix de Petty, nasale, tendue, raconte les losers, les filles qui partent, les routes qui ne mènent nulle part
Pas de virtuosité gratuite, une tension têtue, une colère polie qui traverse quarante ans de discographie sans jamais s’émousser. “Damn the Torpedoes” fracture le rock FM, “Wildflowers” le fait respirer autrement. Petty ne cherchait pas l’admiration, il cherchait la vérité d’un accord bien posé. Il en reste un songwriting increvable, une intégrité qui a tenu tête à l’industrie entière, et cette conviction simple que trois minutes bien écrites valent tous les concepts albums du monde.
Petty n’a jamais brillé, il a tenu bon, et ça a suffi.

