Van Morrison enregistre son groupe, le Caledonia Soul Orchestra, dans quatre salles différentes en 1973, cordes et cuivres soudés à la rythmique comme un seul organisme. L'album sort en 1974 et personne ne sait encore le ranger : trop ample pour le rock, trop viscéral pour le jazz, trop nu pour la soul, alors qu'il tient des trois. Ce disque impose une évidence, le live n'est pas une captation, c'est une réécriture.
Les morceaux gonflent, se cabrent, changent de peau en pleine improvisation. La voix de Morrison grince, murmure, part en scat halluciné, jamais là où on l’attend. Les cuivres cisèlent chaque silence sans jamais l’écraser. On sent la sueur des musiciens, la salle qui retient son souffle, ce moment suspendu où un groupe cesse de jouer une partition pour respirer ensemble. Peu d’albums live ont capturé un tel niveau de communion sur scène.
Certains disques se collectionnent. Celui-ci, on l’a vécu..

