Manhattan, été 2001. William Basinski numérise de vieilles boucles enregistrées vingt ans plus tôt. L’oxyde se détache à chaque passage. La mélodie s’effrite, se troue, se tait par morceaux. Il laisse tourner. Il ne corrige rien.
Le 11 septembre, il monte sur le toit de son immeuble de Brooklyn. Le nuage de poussière s’étire sur la ville.
Dans l’appartement, les boucles continuent de mourir. Il filme le ciel, en bruit de fond, cette lente érosion.
Cinq cuivres fatigués, un souffle, rien d’autre. Chaque tour efface une note, jamais deux fois la même. La beauté s’use. Le silence gagne, grain après grain.
Écoutez-le comme on veille quelqu’un.
Ce disque n’enregistre pas une fin. Il la laisse arriver.

