X : Los Angeles (1980)
Il y a des villes qui brûlent. "Los Angeles" brûlait autrement.
Pas de plages, pas de soleil. Le Los Angeles de X est une ville pouilleuse, nocturne, peuplée de ratés magnifiques et de rêves en décomposition. Los Angeles arrive en 1980 et fracture le punk américain en deux époques : avant et après.
Ce que X invente ici, c’est un punk qui lit. John Doe et Exene Cervenka chantent à deux voix, pas en harmonie, en collision. Leurs lignes se percutent, se chevauchent, parfois se ratent volontairement. Ça grince. Ça serre. DJ Bonebrake frappe comme si la mesure était une chose à détruire, et Billy Zoom joue une guitare rockabilly sur un disque qui n’aurait pas dû en vouloir.
Le résultat est électrique et poussiéreux à la fois. Urban country. Punk littéraire. Une catégorie que personne n’avait nommée parce que personne ne l’avait fait.
Los Angeles n’était pas censée avoir une scène punk. X a prouvé le contraire en onze morceaux.
Le Sunset Strip n’a jamais sonné aussi sale.

